La grange de Détain

  1. Site 

Le site de Détain est un site de clairière, sol calcaire difficile à cultiver entouré de grandes surfaces boisées.

Docucmentation relative au site

 

  1. formation du domaine 

Détain est une ancienne villa gallo romaine, un texte appuie cette attitude, au Xe siècle lors de la fondation de saint Vivant de Vergy en 900 par Manassés (Cart. 232, cartulaire dit de saint Vivant.) Puis en 1004 le duc de Bourgogne Otte Guillaume donne des terres dont Détain (Cartulaire de saint Bénigne, texte n°228.)

Les cisterciens s’implantent sur le territoire de Détain à partir de 1155/1160, cette implantation de départ se conforté en 1164, le prieuré de saint Vivant cède à Cîteaux une grande partie du territoire de Détain qu’il possédait. C’est à cette date que le territoire est qualifié de grange « omni libertate faciant grangiam suam » (Marillier n°168.)

Les donations et les achats vont constituer de Détain un territoire cohérent jusqu’en 1278. Malheureusement les cisterciens seront incapables de payer leurs dettes concernant l’achat du territoire de Détain, en 1452, afin d’éteindre cette dette Cîteaux sera obligé de rétrocéder le territoire de Détain à l’abbaye de saint Vivant.

En 1612, arrivée d’une colonie de lorrains, qui modifie le paysage démographique du site, en créant un nouveau noyau de peuplement.

 

3. Domaine

            De la superficie des bois, prairies et terre nous ne connaissons rien, mais nous savons que le domaine de Détain est composé au XVIIIe siècle du domaine de Grenille, de Margaret et de forêts.

            Le domaine de Grenille se compose de bâtiments, de terre, de prés et de broussailles. Celui de Margaret de terres et de broussailles.

4. Fonction

            L’exploitation de la grange de Détain est centrée autour de l’élevage notamment de moutons et de bovins. De plus, la grange au moyen âge devait produire du fromage en témoigne l’existence d’une cave à fromage.

            Les cultures céréalières et vivrières ne devaient pas être absentes, car on mentionne également, la présence d’une grange dite des blés. Ainsi même s’il existait une production dominante sur le site de Détain, il fallait à la fois nourrir les hommes et les animaux y résidant, ainsi que produire assez pour permettre une autosuffisance de la grange sans avoir besoin de demander à Cîteaux, des aides (ce qui arrive régulièrement en cas de problème, ainsi on constate le don entre grange de semence.)

            Mais il devait exister également une carrière de pierre et de la lave, mais on ignore si les matériaux servaient pour des réparations sur les bâtiments de la grange ou pour l’abbaye de Cîteaux.

5. Personnel 

            Entre la reprise du site et la seconde moitié du XIVe siècle, les convers devaient être les seuls exploitants de la grange, et, parmi eux devaient se trouver toutes sortes de spécialités du berger au cuisinier. Mais le manque de recrutement oblige les cisterciens à engager du personnel laïc, ainsi les premières mentions de personnel sont celles de bergers et de leurs chiens (deux bergers et six chiens), ce qui indique un troupeau relativement important.

            Puis les granges passèrent aux mains des laïcs, et, il est intéressant de constater qu’en 1431, on mentionne l’occupation de la grange, par un convers et deux familles de métayers.

 

6. Mode d’exploitation 

            Le site fut exploité en faire valoir directe, c’est à dire qu’un groupe de convers, va occuper le site et l’exploiter. Mais en 1380, suite à une crise des vocations et à la baisse du nombre des convers, le cellérier en accord avec l’abbé établit avec un frère convers un contrat d’amodiation, celui-ci est inscrit dans un livre de compte, l’essentiel de ce registre de compte est en latin excepté ce contrat dont voici une transcription : « Quittantorum G. magister de Destain. 

Saichent tant que nous, F, Gui humbles abbé de l’église de Cîteaux nous tenons pour bien paier et comptes de frère Guy de Boillant maistre et gouverneur de notre maison de Détain, c’est à dire de Détain, de Gergueil, de Crépey de toutes les amodiations des dites granges et deront le temps passé ainsi que le temps courant 1380 et ce qu’il nous doit faire reconnaître tant le dîme que de notre maison de Détain dedans la fête de saint Rémi (…) c’est à savoir la grange la où on met le blé et par m’y ce nous le quittes de toutes choses du temps passé ainsi que à la date d’aujourd’hui tant d’argent, de blé, d’orges, de foin, d’avoines comme de bois et de ( ) an la dite chose et tous an lesquels a quel quittance en pue appertenue en tesmoignage de lequel chose nous avons mis nore sceau en cette quittance faite et donné en la (   ) dou cellérier de maître des convers dou ( ) de Cîteaux le jour de saint thomas (   ) en décembre l’an de grâce 1380 (21 décembre 1380). » 

De ce texte on peut déduire d’abord que ce contrat d’amodiation n’est pas le premier car il fait référence à des dettes antérieures effacées, cette grange appartenait à un groupe de grange dont faisait partie Crépey et Gergueil. Les convers ont pu subsister au-delà de 1380. Ceux qui ont continué à être présent sur les sites granges sont des contre maîtres ou de simple surveillant, en 1431 un convers habite sur le site de Détain en compagnie de deux familles, et c’est un des rares sites qui a conservé une population malgré la guerre de cent ans.

 

  1. Les bâtiments 

a. Moyen Age 

            Ce sont les livres de comptes et notamment les réparations qui y sont mentionnées et les constructions de nouveaux bâtiments qui sont autant d’indices pour comprendre l’aspect de la grange durant cette période.

            De nombreux bâtiments ont été construits pour permettre l’exploitation du site. Les principaux édifices étaient à destination agricole : une cave à fromage, une bergerie, ces éléments sont mentionnés en 1380 lors de réparation mentionnée dans le livre de compte « coopertores bergerie dicte domus, Carpentarius pro facte quod dicte hostiorum in bergerie, reperatione cavarie ubi sunt casei, extactione lavarum ad cooperendum, coopertione () et domus bergerie. » Voici une traduction de cette situation « pour la couverture de la bergerie de la dite maison, pour la charpente faite dans la maison des hôtes de la dite bergerie, réparation de la cave où sont les fromages, extraction de la lave pour la couverture de la bergerie. » Parmi d’autres bâtiments nous pouvons également distinguer par les textes une grange à blé « item pro magistro domus de Destain pro precoopertura et grangie bladi dicte die 12 februarum 5 franc », mais également un four « pro furni bergerie de Desten extrahendis pro magistro pro finali 4 franc. »

            Mais à la fin du moyen âge la grange redevient une propriété de saint Vivant de Vergy, voici l’acte de renonciation « les dits vénérables religieux abbé et couvent des monastères de Cîteaux délaissent, cèdent, quittent et transportent, délaisseront, céderont, quitteront et transporteront à perpétuité pour eux et leurs successeurs, abbé et couvent dudit Cîteaux…, aux dits vénérable grand doyen et couvent de l’église conventuel de saint Vivant sous Vergy pour eux et leurs successeurs,…, la dite maison et grange de Détain, ses appartenances avec certains biens immeubles étant en la dite grange de Détain, ses appartenances avec certains biens immeubles étant en la dite destiné et servant à l’usage et au labourage de la dite grange avec la moitié de tous les bœufs que les dits de Cîteaux ont possédé en la dite grange… » Sur le même site une église aurait également existé, ainsi en 1164 [Marillier n°168] voici ce déclare un texte « pretera concessi et dedi fratribus et amicis nostris Cistercii altare et ecclesiam de Desten »

 

Epoque moderne

La documentation en notre possession nous indique lors de l’établissement d’un bail, en date du 2 août 1604 dont voici un résumé « visite des bâtiments dudit Détain tant en demeure, granges, étables qu’autres bâtiments…premièrement () et visite une grange appelé la bergerie qui est du côté du soleil [texte presque effacé]…transporté es vieux bâtiments tan en champfeur, chambre que cellier, ont été vus visités en haut…Une grange qui (   ) contenir en longueur de pignon à autre 120 pas, le pas compte pour trois pieds de roi. Et laquelle de présent plus que demi ayant été retranché d’une moitié depuis longtemps laquelle moitié du côté du vent est ruineuse et n’y apparaît que les fondements des murailles. Du côté des goutrots et à un pied du pignon dudit côté du vent, et l’autre moitié étant encore en nature de grange vue et visitée de long du corps dicelle étant les (   ) les gouttereaux du côté du soleil mussant et vollent au goutterot et du côté de soleil levant tant ruineuse (   ) la plus part des appendices et  (   ) sont à terre. »

Comme à Crépey, une colonie de lorrain, s’installa en 1610, sur le territoire de la grange, environ vingt ménages vinrent s’installer avec la bénédiction de religieux.

Pour le XVIIe siècle nous ne disposons que peu de descriptions, ainsi nous disposons d’une brève description « un territoire de bois, buissons, terres, chaumes, pasquiers et déserts, monticules, combes et villes. La grange est située environ le milieu, composé de maisonnets et chauffoirs et granges pour le demeurant des granges et pour l’hébergement de leurs fruits et logement de leurs bestiaux. Il y a aussi une chapelle grange et spacieuse, de riche sculpture sous l’invocation de sainte Agnès vierge. Et il y avait encore une grange de 200 pieds de long (64 m), 80 pieds de large (26 m) à trois espaces séparés par de grands piliers enliés les uns aux autres par des grosses maçonneries en étages ; un portail de pierre de taille de chaque côté pour entrer de chaque côté pour entrer d’un bout et sortir de l’autre » (Abbé Denizot, Encyclopédie de la Côte d’Or, BM de Dijon, Cart. 232 saint Vivant)

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